Le roman “Swing à Berlin” : nazisme et musique

Swing à Berlin par Christophe Lambert

Swing à Berlin par Christophe Lambert / Éditions Bayard

Au cœur même de l’an 1942, alors que la guerre sous le règne d’Hitler ne semble pas gagnée d’avance, la population et les troupes allemandes ont le moral bas. Afin de remettre l’entrain dans le peuple et de prouver la supériorité allemande dans tous les domaines, Joseph Goebbels, ministre de la propagande, mandate Wilhem Dussander, un pianiste réputé, pour former un groupe de « musique de danse accentuée rythmiquement » pour ne pas dire de jazz. Cette dernière étant considéré comme une « musique de dégénérer » ou de « nègre ». Le maître de musique est donc contraint de partir à la recherche de perles rares non sans une ombre au tableau qu’il retrouve dans la personne de Dietrich Müller, un fonctionnaire envoyé par Goebbels pour l’accompagner. Dès lors, la tension restera palpable entre ces 2 hommes loin de partager les mêmes convictions.

Le groupe se composera de 4 adolescents provenant de différentes classes économiques et surtout aux opinions sociopolitiques très divergentes. Malgré tout, ils devront apprendre à se côtoyer quotidiennement et à jouer harmonieusement. Plusieurs événements les confronteront et ébranleront à jamais leurs croyances.

Mes commentaires

L’auteur, Christophe Lambert, a su tirer avec originalité un roman de fiction inspiré de cette funeste période historique. Ce n’est pas la brèche d’histoire hitlérienne que je caractérise d’original puisqu’elle a déjà été exploitée mainte fois à travers d’autres œuvres littéraires et cinématographiques. Là où il se démarque, c’est d’abord dans la perspective du sujet qu’il traite par l’utilisation de jeunes hommes allemands issue de différentes sphères sociales contrairement à l’habituelle vision du point de vue des victimes de cette guerre. Bien évidemment, ce qui ressort encore davantage et qui est d’ailleurs à la base du bouquin est tout le contexte environnant la formation du groupe et de son cheminement d’abord musical, mais aussi personnel. Avec une écriture fluide et riche, il offre une profondeur particulière à chacun de ses personnages qui se voient ouvrir les yeux sur un monde cruel.  La chute finale est vraiment géniale… bien que j’en aurais pris encore un peu plus. J’ai vraiment adoré ! Je vous recommande fortement la lecture de ce livre même s’il est « jeunesse », même si vous n’êtes pas mélomane (je ne le suis pas!) et je vous rassure tout de suite, il ne tombe pas dans la saveur ultra dramatique des camps de concentration, si vous êtes sensible. Il y a bien quelques scènes plus « difficiles », mais toute la place est donnée à l’ambiance tendue de l’époque ainsi qu’à la confrontation des convictions. Je vous laisse d’ailleurs sur cette note… Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour défendre vos plus profondes valeurs ?

 

Partagez!