La légende de l’Île-du-Diable

La légende de l’Île-du-Diable

À l’origine, le terme « légende » faisait référence aux récits relatant la vie des saints, celles des martyrs aussi. C’était lors des services religieux que ceux-ci étaient utilisés pour enrichir le discours moralisateur et dogmatique de ses orateurs sacrés. La formule a ensuite été reprise dans la littérature populaire par le biais de la poésie. Au cours du Moyen Âge, le phénomène a pris de l’ampleur pour finir par donner au mot le sens qu’on lui connait aujourd’hui. Soit celui du récit légendaire, qui en définitive, puise son histoire fabuleuse dans une tradition, dans un événement ou dans le folklore d’une région. Ainsi, la frontière entre la vérité et l’imaginaire s’amenuise pour engendrer un mystère qui nous saisit d’effroi comme celle d’Antoinette.

La légende de l’Île-du-Diable

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Autour 1870, dans la région de Roxton Pond, les jeunes gens travaillaient durs sur les fermes environnantes. Quand le samedi soir arrivait, le moment de se changer les idées devenait des plus propices. Un bal à l’huile s’organisait donc autour du lac; un violoniste mettait de l’ambiance alors qu’une vingtaine de jeunes dansaient joyeusement. Parmi eux, la belle Antoinette s’en donnait aussi à cœur joie.

C’est lors d’une de ces soirées que la demoiselle qui aimait bien faire tourner la tête de la gent masculine disparut avec un homme. Tous l’avaient remarqué, l’élégant monsieur devait avoir 25 ans. D’une belle taille, il demeurait souriant. Sa moustache relevée en croc ajoutait à son charme, même les plus récalcitrantes ne lui auraient pas résisté. Aussi, Antoinette ne se fit pas prier.

Les gens commençaient à peine à se questionner sur la disparition d’Antoinette au bras de ce gaillard quand un bruit assourdissant, comparable à celui de la foudre, retentit dans la nuit. Au même instant, une lueur rougeâtre semblant sortir tout droit d’un rocher de l’île attira l’attention des jeunes. Elle s’éteignit aussitôt comme pour laisser la place à un long cri de stupeur qui se mélangeait à une détresse évidente.

La belle fut retrouvée inanimée. À ses côtés, bien définies dans un rocher, il y avait des traces de pieds… les empreintes du diable. Rapidement l’île fut reconnue comme étant celle de ce terrible esprit du mal.

 Ce soir, alors que dans les rues de chaque ville ou village, les gamins gambaderont d’une porte à l’autre en compagnie de leurs parents, certains adolescents, de leur côté, en profiteront plutôt pour ouvrir celles de l’occulte. Dans cette optique, restez méfiant ! Ne vous étourdissez pas au bras d’un inconnu, et restez parmi l’assemblée; ne suivez pas le petit lutin, ni le beau diable, mais surtout… Ne passez de pacte avec quiconque !  Autrement, qui sait si votre réalité ne se retrouvera pas soudain parmi les légendes de demain?

Réf. Si vous voulez en savoir plus sur l’origine du mot légende, fouillez le Larousse.

 

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