Entrevue : Le tango de Cupidon avec Marie Potvin

Marie Potvin

Le parfum de la romance est un voile léger qui peut facilement donner une impression de facilité. Il est pourtant difficile de livrer la concoction idéale qui saura séduire les lectrices (eh oui certains lecteurs également!). Un peu trop de flafla ou pas assez de brasier suffisent à perdre son public… Quel est donc le secret de cette recette qui sait bercer de page en page, l’espace d’un instant, plusieurs avares du genre?

Après plusieurs succès en format numérique, Marie Potvin, auteure de comédies romantiques, nous parle de sa perception de la romance et nous présente son petit dernier… « Il était 3 fois… Manon, Suzie, Flavie »  qui sera sur les tablettes de vos librairies (oui, oui, en PAPIER!) dès le 7 mars.

D’abord, après l’écriture de tous ces romans, Le retour de Manon Lachance, Suzie et l’Homme des bois, L’aventurière des causes perdues, La Naufragée urbaine ainsi que la série 1 et 2 titré, Les Héros ça s’trompe jamais, pourrais-tu nous dire comment tu abordes l’écriture d’une romance, et surtout expliquer quel est ta perception de ce genre littéraire?

“Ma façon d’aborder la romance, c’est d’abord d’inviter la lectrice (le féminin sera utilisé dans ce texte sans préjudice au masculin!) dans un univers clos où on se retrouve en tête à tête avec l’héroïne. D’abord, l’idée est de permettre à la lectrice de se laisser charmer. Donc, en ce sens, l’héroïne doit être un personnage qu’on voudrait comme amie malgré ses défauts. Ensuite, le héros, évidemment, constitue pour elle un défi, que ce soit par sa façon de la mettre à l’épreuve, ou par sa fermeture, son mystère. La chimie doit s’installer lors de l’écriture, la magie n’arrive pas toujours sur commande, parfois il faut laisser macérer, avancer, reculer, consulter… Je n’y vais pas à la légère quand il s’agit de préserver l’atmosphère.

Pour ce qui est du genre comme tel, ma perception bien personnelle est toute simple; avec le temps et les œuvres, présentes et futures, je vise à maintenir un style qui permettra aux lectrices d’avoir pleine confiance que la prochaine histoire saura les captiver. Aussi, je ne reste pas en surface. Mes personnages flirtent avec leurs propres démons, leurs pensées sont développées, leur psychologie et leur vision du monde qui les entoure sont expliquées sans toutefois alourdir le texte inutilement. C’est de la romance, oui, mais pas que ça.”

La crédibilité des personnages doit être à toute épreuve dans la romance puisque c’est l’ultime rencontre des protagonistes qui tiendra les lectrices en haleine jusqu’à la toute dernière page. Évidemment, la toile de fond reste importante, car elle permet de rehausser l’intrigue du roman qui pourra ensuite se démarquer dans la mer littéraire. Où trouves-tu ton inspiration pour créer ces personnages qui valsent sur une intrigue renouvelée à chaque roman?

“Ce que j’aime faire, c’est prendre une situation particulière et y balancer l’héroïne tête première. Manon Lachance qui achète une maison en ruine, Suzie qui accepte d’aller faire la cuisine au fin fond du bois à douze ex-détenus, Flavie qui s’immisce dans la vie de deux frères qu’elle a rencontrés au hasard dans une partie de hockey. Quand la trame de fond est riche en péripéties, que tout semble perdu d’avance, c’est motivant à écrire. L’héroïne prend vie et finit souvent par me mener le bout du nez!”

Parmi toutes tes créations, as-tu des favoris, tant au niveau du récit que des héros?

“J’ai un gros faible pour « Le Retour de Manon Lachance » (qui fait partie de « Il était trois fois, Manon, Suzie, Flavie »). Martin, son héros, est un incompris qui gagne à être connu, Manon le verra plus tard que la lectrice. Quand je parlais de magie, un peu plus haut, c’est beaucoup avec Manon que je l’ai vécu. Ce roman a été le modèle pour les autres qui ont suivi.”

Il va sans dire que l’expérience de l’écriture développe l’œil de l’auteur en ce qui concerne la qualité d’une bonne histoire et la finesse de sa structure. Dirais-tu que tes goûts littéraires se sont affinés avec le temps?

“Évidemment, et c’est normal. Avec le temps et les découvertes, on devient à la fois plus capricieux et plus ouvert. Ce que l’écriture m’a donné, c’est que maintenant, quand un roman ne me captive pas, je sais pourquoi, je peux identifier ce qu’il y manque. Dans le cas contraire, lorsqu’un roman me passionne, je plonge avec abandon. Ça peut me prendre des semaines pour me le sortir de la tête et du cœur. Lorsqu’un auteur gagne ma confiance, j’essaie de lire tous ses livres.”

Ceci dit, quelles romances conseillerais-tu aux adeptes (en dehors des tiens, bien sûr!)?

“Sans hésiter « Le Masque du gerfaut » de Sonia Alain et « 1704 » de Mylène Gilbert-Dumas. Ce sont les deux romans dont la romance m’est restée dans le cœur pendant des semaines en 2012.”

Il était 3 fois... Manon, Suzie, Flavie par Marie Potvin

Plongeons maintenant dans ce tout nouveau titre papier, « Il était 3 fois… Manon, Suzie, Flavie ». Pourrais-tu nous présenter les grandes lignes de ce roman et expliquer le cheminement qui t’a mené vers ce qui est en faite la refonte de trois de tes titres numérique?

“« Le Retour de Manon Lachance », « Suzie et l’Homme des bois » et « La Naufragée urbaine » sont trois titres de la collection            ROMAN DE FILLE chez Numériklivres. Au départ, je visais créer une collection de courts romans (entre 120-150 pages) efficaces et intenses, chose faite avec l’heureuse inclusion de romans d’autres auteurs. Bref, lorsque les Éditions Goélette m’ont approchée avec l’idée d’élargir mes horizons vers le papier, ils ont évalué les styles de mes romans et le mariage du trio s’est fait naturellement. D’emblée, si on aime Manon, on aimera Suzie, et Flavie. Même si les intrigues sont très différentes, le rythme est le même. D’ailleurs, par des scènes inédites, la rencontre des trois filles ajoute un souffle neuf à l’ensemble.”

Tant dans le numérique que dans le papier, quel est le projet sur lequel tu travailles actuellement?

“Je mets mon énergie sur plusieurs projets, mais celui qui prend la majeure partie de mon temps est un autre roman dans le même ton que Manon, Suzie et Flavie. Une certaine Bobbie…”

En attendant de vous offrir son prochain titre, je vous conseille la suite de la saga « Les Héros ça s’trompe jamais » qui correspond à la plus récente publication de Marie Potvin aux Éditions Numériklivres.

Les Héros ça s'trompe jamais - Saison 2

Toujours égale à leur grand talent pour les pages couvertures attrayantes, Numériklivres a lancé la suite de la populaire série de la saga des Héros en janvier dernier. Dans ces feuilletons, c’est l’arrivée du personnage d’Étienne Grondin, le séduisant cousin, qui vient bouleverser l’équilibre de la famille et leurs amis. Comme la présentation des personnages et la mise en place des lieux ne sont plus à faire (même si on a quand même droit à quelques lignes de remise en situation), le rythme y est accéléré. De toute façon, si vous avez lu Marie Potvin, que ce soit un « Roman de fille » ou un épisode de la série, vous constatez bien assez vite qu’elle ne se perd pas dans les opulentes et parfois lourdes descriptions, on reste toujours dans le mouvement des événements qui se cumulent du début à la fin. Cette auteure de romance contemporaine vous transporte donc dans l’univers rebondissant des personnages toujours bien caractérisés de la famille Grondin. Ah! Les familles! À la fois si simple et si complexe… L’atmosphère de ses histoires y est toujours crédible et les surprises savent à la fois nous surprendre sans toutefois tomber dans l’improbable. On se prend facilement au jeu des feuilletons que l’on suit les uns après les autres. Bref, c’est du bonbon, faites-vous plaisir au lieu d’une boîte de chocolat, la lecture ne vient pas avec le remord des calories inutiles. 😉

Résumés:

Pour lire les résumés de tous les épisodes >>>http://collection45minutes.com/category/les-heros-ca-strompe-jamais-saison-2/

Le retour d’Étienne Grondin à Montréal jette un froid dans la petite vie tranquille de nos héros. Étienne, cousin de Max, Philippe et Sylvain, et qui, avant de disparaître pour mener une carrière de cascadeur professionnel, avait financé l’entreprise Grondin inc. de ses cousins il y a dix ans, veut maintenant jouer un rôle dans la gestion de la société, ce que Max et Philippe ne voient pas d’un bon oeil.

Lors du mariage de Max Grondin et de Bernise, Érick Fiore rencontre la belle Annie Simard, et la séduit. Celle-ci, qui a tiré un trait définitif sur ses amours avec Max, est tombée sous le charme d’Érick, et se verrait bien sur le même petit nuage que Max et Bernise.

Étienne, quant à lui, aimerait retrouver l’amour de sa jeunesse, Jeannette, mais celle-ci, accaparée par son nouveau rôle de mère (elle a adopté Gabriel, le fils de Sylvain Grondin, son ex-mari), semble vouloir éviter toute rencontre.

Les destins, les amours des uns et des autres vont à nouveau se croiser, se nouer, se dénouer, pour le plus grand plaisir des lectrices et des lecteurs de Marie Potvin.

Partagez!