Démystifier le livre numérique avec Marie Potvin!

Marie Potvin

En cette première chronique, je vous présente celle qui use de son humour et de sa personnalité sur Twitter tout en présentant ses livres ou d’autres auteurs, la toujours sympathique Marie Potvin. Auteure et directrice de collection chez Numériklivres pour les « Roman de fille », je peux affirmer que c’est grâce à sa présence sur les réseaux sociaux et aux superbes pages de titre de sa maison d’édition 100% numérique que j’ai lu mon tout premier ebook la semaine dernière. Comme presque tout le monde, j’appréhendais cet instant! Est-ce qu’un iPod (le seul bidule électronique que je possédais pour faire mes premiers pas) allait pouvoir compétitionner avec la merveilleuse sensation des pages que l’on touche? J’aurais aimé pouvoir discuter, dire qu’il y a tel avantage ou tel inconvénient, mais je vous laisserai le découvrir! Je vous répondrai seulement que lorsqu’on aime lire c’est l’histoire qui nous accroche, la rêverie qu’il nous évoque et l’intensité de ce que le roman vient chercher en nous. Bref, le format est rapidement oublié pour laisser place à l’aventure!

Marie Potvin, de l’autoédition à Numériklivres

Marie Potvin, encore dans le palmarès « Top livres français » chez Archambault de la section « Livres numérique » et dans les meilleurs vendeurs chez Bookeen store, a commencé en autopublication et s’est retrouvée directrice de collection. Ses premiers titres ont été Les héros ça s’trompe jamais (Tome I), Y a un gars qui s’ennuie en maudit (Tome II), Le retour de Manon Lachance et Il pleut des sous dans ma maison! Que s’est-il passé? Et que pense-t-elle de ce parcours?

L’autopublication est le premier chemin que tu as emprunté pour donner vie à tes textes, conseilles-tu à un auteur en herbe de prendre cette voie?

Oui, mais pas dans le papier, comme moi je l’ai fait, car cela peut s’avérer coûteux en essais et erreurs. C’est beaucoup d’énergie à tout faire soi-même avec le risque qu’on assume seul. Si un auteur désire s’autopublier dans le but de tester son marché et se mouiller la patte, je lui suggérais de commencer par les plateformes numériques faciles d’accès.

Maintenant que tu as vécu l’expérience de l’édition professionnelle et celle d’avoir travaillé seule sur un roman, vois-tu une différence au niveau du produit fini en ce qui te concerne?

Oui, car je me sens mieux guidée. J’ai désormais un ange gardien qui veille à mon bonheur d’auteure et à la qualité de mon produit. Le fait d’avoir une équipe qui croit en notre “talent” permet de travailler en confiance. Je ne me casse plus la tête avec la publication, je sauve un temps fou!

Comment es-tu devenue directrice de collection pour les « Roman de fille » et qu’est-ce que ce titre implique?

Je vais répondre d’emblée à ces questions forts pertinentes. Je suis l’instigatrice de l’idée de la collection, je l’avais en tête depuis un bon moment. Lorsque Numériklivres est apparu dans mon paysage, je leur ai parlé de mon projet et ils n’ont pas hésité à en supporter le développement après la lecture de “Le Retour de Manon Lachance” qui servait initialement de “pilote”. La série est encore très jeune, le premier numéro étant sorti le 15 novembre 2011, les deuxième et troisième en décembre, puis le 4e en janvier 2012. Pour l’instant, j’écris, je lis des manuscrits, et je travaille avec quelques auteurs sur de nouveaux romans “de fille” qui verront le jour d’ici 2013. Nous aurons de belles surprises à vous présenter.

La collection « Roman de fille »

l'Homme des bois Fallait pas le chercher L'aventurière des causes perdues Le retour de Manon Lachance

C’était ma première fois! Hé oui! Non seulement je n’avais jamais lu de numérique, mais je n’étais jamais tombée dans la catégorie romantique de la littérature. L’idée pour mon article était lancée! L’entrevue était finie! Il me fallait maintenant boucler mon sujet avec ce baptême incontournable! Si je détestais le livre ou le numérique ou même les deux, je devrais vivre avec les conséquences en assumant cette triste vérité!

Qu’est-ce qui m’avait poussé à faire ce choix me mettant possiblement dans une situation inconfortable? Les souliers!!!! Que voulez-vous, les pages de titre sont superbes chez Numériklivres! J’ai vu un après l’autre, les titres de la collection défilés sur Twitter et toujours ces paires de chaussure ensorcelante! Pour la première fois, je ressentais cette espèce « d’appel » hypnotisant qui habituellement se faisait en librairie quand entre mes mains un gros volume, une belle page de titre, un bon résumé me rendaient excité comme une enfant de 5 ans dans un rayon de jouet. Évidemment, je regarde des comédies romantiques et je « tripe » sur les souliers comme toutes filles dignes de ce nom alors je me suis lancée!

Quelle plume ai-je découverte? C’est dans « Le retour de Manon Lachance » que j’ai pu savourer la romance d’une auteure rafraichissante et drôle.

D’abord, j’étais ravie en cette saison d’hiver de me voir transporter dans l’été bien rempli de ce personnage enflammé. Une jeune femme au tempérament vif qui s’aventure dans l’achat d’une maison à reconstruire alors qu’elle ne s’y connaît pas. L’audacieuse Manon s’engage un homme à tout faire pour ses grandes capacités en rénovation et évidemment parce que son charme ne la laisse pas indifférente. Mais que se passe-t-il quand on met tous nos œufs dans le même panier et qu’un vieil ennemi semble omniprésent?

Un roman léger, agréable et divertissant qui nous donne cette petite pause du quotidien qu’on aime tant retrouver dans les comédies romantiques. Avec la touche d’humour pour faire sourire et même rire, ce titre (attention, les autres sont plus osés donc pour adulte) saura enchanter votre adolescente, charmer mesdames et même messieurs.

Et si ça vous gêne de vous aventurer dans la lecture qui vous remet dans cet état des balbutiements de l’amour et de la séduction, n’oubliez pas que c’est du numérique! Personne ne pourra écornifler votre page de titre dans les transports en commun!

 Les réseaux sociaux, le papier et le numérique, où en sommes-nous?

Il me semble évident que les réseaux sociaux dans le secteur de la littérature semblent prendre une ampleur invitante. Les auteurs trouvent de plus en plus leur place sur Twitter et vendent leurs œuvres en prenant d’assaut leur promotion et développent un contact privilégié avec leurs lecteurs. Quelle opinion Marie Potvin, près de 4000 abonnés sur Twitter, et ce depuis le printemps dernier, a-t-elle de ce phénomène?

Tu es très présente sur Twitter et tu as une page Facebook, dirais-tu que les réseaux sociaux soient de nos jours un outil indispensable pour la promotion des auteurs? Et, penses-tu qu’il y a une différence à faire entre les auteurs papier et numérique?

Twitter et Facebook permettent un lien direct entre l’auteur et le lecteur. Je suis à l’écoute de leurs commentaires et engouements, ils sont mon énergie pour continuer. Pour un auteur “numérique”, je dirais que les réseaux sociaux sont très importants, voire primordiaux pour promouvoir son roman. Cela permet au lecteur d’explorer le blogue, les réactions, les intérêts de l’auteur avant de le lire, surtout lorsqu’il n’est pas “connu” du grand public. Je crois que c’est la même chose pour les auteurs “papier”, il faut se faire connaître, et tous n’ont pas la vitrine hyper publicisée des auteurs à succès.
Une des différences les plus importantes est que l’auteur “numérique” n’est pas limité au  “zonage” de la distribution de ses livres, car ils sont partout sur le Web, donc mondialement rependu. Pour l’auteur “papier”, l’étendue de sa publication dépend de l’investissement de son éditeur.

Restons sur le sujet de cette vague du numérique qui créé beaucoup d’émotion contradictoire!

D’abord, avais-tu déjà lu du numérique avant de savoir que tes livres seraient des publications immatérielles?

J’ai lu les écrits de celle qui serait mon éditrice (Anita Benchenko) et j’ai été surprise par le confort à lire en numérique, et ce, même de mon iPod qui était mon seul support numérique à l’époque. Au fond, ce qui compte, c’est l’oeuvre et non le support. Quand un roman est bon, on se laisse bercer.

Il y a encore beaucoup d’amoureux du format papier, est-ce qu’en tant qu’auteure de livres numérique tu as dû faire un deuil des effluves d’encre de tes écrits?

Quelle belle question. Au départ, j’avais mes craintes, mes préjugés, comme tout le monde. Où sera mon “livre”? Qui me lira? Etc…, mais ça n’a pas pris une semaine après la publication de mon premier roman, lorsque je voyais les gens l’acheter et le télécharger sous mes yeux de leur iPhone parce qu’ils avaient envie de le lire, j’ai rapidement pris goût au format numérique et la spontanéité qu’il permet.

Est-ce que tu as encore un attachement par rapport au livre papier?

Pas vraiment. J’en lis de moins en moins, je suis désormais très attachée à ma liseuse KoboTouch – pour ne pas la nommer- et je compte me monter une grande bibliothèque avec mes 2GB d’espace numérique!

Que penses-tu du prix du livre numérique vs papier?

Cela dépend de l’éditeur. Chez Numériklivre, l’idée est de permettre une accessibilité confortable à un large public en offrant des prix très bas. La plupart des romans francophones sont encore très dispendieux, même en numérique. De plus, si nous faisons un calcul rapide, l’achat de5 livres”papier” revient à quelques dollars près du prix d’une liseuse électronique. Pour un lecteur “compulsif” le numérique est très rentable.

Pour ma part, je considère le prix dérisoire et j’ai été parfois surprise de voir que certains lecteurs se plaignaient d’avoir perdu quelques dollars. Les gens oublient de tenir compte de tout le travail qu’il y a derrière la publication d’un roman bien au-delà du format. Je trouve justement que ces bas prix permettent davantage de s’aventurer dans la nouveauté. Et c’est sur cette note que je vous propose donc, chers lecteurs, de profiter largement de ces bas prix du numérique, de butiner tranquillement les catalogues et de choisir un livre pour vous permettre de tenter l’expérience! Bonne lecture!

Pour en savoir plus sur Marie Potvin: http://www.mariepotvin.com/

Pour consulter le catalogue de Numériklivres: http://comprendrelelivrenumerique.com/

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3 commentaires

  1. contact.sft@gmail.com'

    Merci Rachel pour cet article enjoué et plein d’informations précieuses 🙂
    La découverte de ton blog et de cet article tombe à point nommé :
    je regardais justement le catalogue de NumerikLivres il y a deux jours, sans avoir fait le rapprochement avec Marie Potvin, avec qui j’ai de beaux échanges sur Twitter !

    j’ai moi même acheté mon premier livre numérique il y a peu, et bien que le plaisir de toucher le papier soit absent, il est plaisant d’avoir à portée de main un ouvrage sans encombrer son sac à main, déjà bien fourni pour la plupart d’entre nous, les filles !!

    Le prochain livre que je publierai sera définitivement en numérique : ce format permet de vendre des ouvrages à des prix très intéressants pour le lecteur, et de metttre à jour le manuscrit sans attendre la réimpression.

    Je te souhaite le meilleur pour tes propres créations littéraires 🙂
    Sonia french du blog LesClésPourRéussir


  2. Merci Sonia pour ces beaux commentaires!
    Effectivement, le livre numérique allège le sac à main et j’ajouterais aussi l’accumulation de bouquins dans la maison. Les commentaires sur la réimpression sont tout à fait juste, je ni avais même pas pensé!
    Il y a tellement de beaux avantages à considérer qui surpassent le simple deuil du format papier!


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